INIS Italie Nord-Isère

Giorgio Morandi / Italia Moderna

Du 12/12/2020 au 14/03/2021

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  • Musée de Grenoble

Informations sur le site du musée : voir

L'œuvre de Giorgio Morandi (1890−1964), né à Bologne, n’est pas facile à classer. L’apparente simplicité et la répétition obsessionnelle de ses natures mortes intemporelles, la rigueur de ses compositions énigmatiques à base de bouteilles, de vases et de boîtes, nous laissent perplexe ou continuent de séduire. Morandi résida toute sa vie dans sa ville natale, Bologne, même s’il passait les étés dans les collines de Grizzana, au sud de la ville.

À sa mort on découvrit la chambre atelier où Il vécut et travailla, une pièce simplement meublée d’un lit et d’une petite table avec son matériel de peinture et ces objets qu’il ne cessa d’assembler, variant les compositions d’une précision absolue, bougeant parfois la table collée contre le mur ou coincée dans un angle, mais conservant toujours la même position face à son modèle: de face et légèrement en surplomb. Seule alors variait la lumière, selon le temps, l’heure, la saison et l’emplacement de la table. Et cette lumière tombant sur les bouteilles et les boîtes — ses qualités, ses subtilités, ses teintes — obsédait Morandi comme, tombant sur un étang, elle obséda Monet (les Nymphéas), ou sur la Sainte-Victoire Cézanne.

Sa démarche, avec cette quête incessante d'une vérité jamais atteinte autour d'un même sujet, son atelier monacal (un lit, des pots de couleurs...) font penser à Giacometti.

Diplômé de l’Académie des Beaux-Arts de Bologne (1907-1913), Au début des années 1910, il découvre les fresques de Giotto, Piero della Francesca, Uccello ou Masaccio mais surtout l’œuvre de Cézanne.  il a des contacts fugaces avec les futuristes et expose dans la première exposition "Libera futurista" à Rome. Après la guerre, il  s’éloigne vite du courant futuriste. Il adhère au groupe de Mario Broglio autour de la revue « Valori plastici » puis au mouvement « Strapaese ». Il est influencé par la « peinture métaphysique » de Giorgio de Chirico et Carlo Carrà. Comme beaucoup d’artistes et intellectuels, il espère un temps que la « révolution fasciste » va apporter un souffle de modernisme à la culture de sn pays.  En 1930 il obtient la chaire des Techniques de gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne où il enseignera pendant 26 ans.

La vie se déroule entre ses cours, sa peinture dans l’appartement qu’il occupe avec ses trois sœurs et quelques expositions internationales comme à la « Pittsburgh World Exhibition » 

En 1939, à la Quadriennale de Rome Morandi reçoit un second prix de peinture. Lorsque la guerre éclate il se retire dans le village de Grizzana où il peint essentiellement des paysages. 

En 1948 il reçoit le premier prix de la Biennale de Venise, puis plus tard de São Paulo. Depuis de nombreuses expositions lui sont consacrées et les principaux musées, dont ceux de Grenoble (ci-dessus en 2015), acquièrent ses œuvres.

Une récente exposition au Musée Guggenheim de Bilbao "Un regard en arrière"   se penche sur le rôle joué par les maîtres anciens dans la production de Morandi. Cette confrontation d'œuvres révèle des mécanismes qui ne sont pas seulement liés à l’influence ou à l’appropriation, mais à des affinités de choix qu’il partagea avec des artistes qui le précédèrent : les natures mortes espagnoles du XVIIe siècle, l'école bolonaise  et les natures et scènes de genre de l’artiste français du XVIIIe siècle, Jean-Baptiste Siméon Chardin (ci-dessus).

 

L'œuvre de Morandi a inspiré de nombreux artistes, designers, architectes, photographes

 

Musée de Grenoble